Alice, retour au pays de la folie - Spicy Horse - PC, PS3, Xbox 360 - 2011
Après plus de six mois d'attente, le petit bijou d'American McGee sort enfin ^^ Folie, délires, sang, abominations, ambiance dérangeante, action et plate-forme... Voyons point par point si la suite du premier American McGee's Alice répond à nos espérances... et si les promesses des développeurs sont respectées.
Graphismes : On distinguera deux points de vue à ce propos : le point de vue technique, et le point de vue artistique. Commençons par le premier : le jeu ne casse pas des briques, bien que le rendu soit magnifique (notamment grâce à la superbe modélisation des cheveux d'Alice et de sa robe), malgré certains éléments du décor clignotant un peu. L'ensemble est joli, avec quelques moments de ralentissement cependant (surtout lors des cinématiques, car les séquences de jeu sont presque toujours fluides).
Mais il faudra arrêter de faire des chi-chis, car on a bien là l'un des jeux bénéficiant d'une qualité hors du commun, une qualité que l'on n'a plus vue depuis longtemps. Parlons de ce dont il faut absolument parler : les décors ! Ils surpennent en permanence, même lorsqu'on se trouve dans la même zone... Ils nous font rêver, ou frissoner (la vallée des larmes est très jolie, mais au fil de la progression, elle se dégrade et s'ensanglante). Je n'ai pas fini le jeu, ne l'ayant que depuis hier, mais je me sens déjà obligé de dire que du point de vue du design, le jeu est parfait. De plus, personnellement, j'adhère on ne peut plus à l'ambiance malsaine du titre, et je n'ai cessé de faire des "oh" et des "ah" depuis que j'ai inséré le disque dans ma console.
Je noterai aussi le design du menu principal, ainsi que celui des sous-menu. J'ai particulièrement aimé celui des options, montrant que les réglages audio par exemple se font dans la partie frontale du cerveau d'Alice... Génial ! C'est vraiment de la folie ^^
Gameplay : Voilà bien un point sur lequel j'ai été surpris dès les premières minutes de jeu : Alice se manie très bien, ses sauts sont agréables à réaliser, on aime la faire courir pour voir ses cheveux onduler... De plus, les combats sont particulièrement dynamiques et assez jouissifs, en fin de compte. La diversité des armes d'Alice apporte un intérêt supplémentaire aux batailles, et on se suprendra à vouloir faire le mariolle avec son cheval-bâton combiné au glaive vorpalin ^^ (oui, les noms sont bizarres).
Les séquences de plate-forme ne sont pas si évidentes que ça. Je me rappelle du jeu Enslaved, dans lequel on alternait les séquences de combat et de "plate-forme" (car on était très assisté, c'était trop facile) : une fois sorti d'une séquence de combat, on se disait : "ouf, enfin une pause avec une séquence de Tarzan.". Ici, dans Alice, on se dit plutôt : "Je me demande bien quelle phase de plate-forme de fou le jeu va encore me sortir...!" Car il faut le dire : Alice de retour au pays de la folie est un bon jeu d'action ET de plate-forme. Mais surtout plate-forme.
Pour finir, un petit plus que j'aime : la possibilité de choisir le chapitre dans le menu principal. J'attache à cette fonction une importance capitale, car vu les décors géniaux traversés dans le jeu, on aura très vite envie d'y revenir !
Bande-son : Dès que j'ai vu l'écran titre, j'ai également entendu la musique qui constitue le thème général du jeu. Et je n'ai eu que trois mots à dire : simple mais efficace. Elle ne met pas sur le cul mais elle a un charme qui fait qu'on a des petits frissons d'appréhension, voire de dégoûts parfois. En plein jeu, les musiques se font discrètes, mais tout aussi chouettes : on appréciera surtout les notes "boîte à musique" qui font les musiques d'un jeu McGee.
Les voix sont un coup trop fortes, un coup quasi-inaudibles ! Il s'agit d'un léger problème de paramétrage du son des voix, et aller régler ça dans les options ne résoud jamais le problème... Cependant on notera quand même la qualité du doublage français, ainsi que la traduction en elle-même qui essaie de nous faire entendre les jeux de mots typiques du conte de Lewis Carroll, en français cette fois-ci.
Scénario et ambiance : C'est là que je me posais des questions jusqu'à maintenant. Mais j'en suis satisfait, Electronic Arts n'a pas freiné American McGee, loin de là. Des rivières de sang, de grandes statues d'Alice pleurant toutes les larmes de leur corps, des ennemis cauchemardesques, un univers décalé et déjanté, l'esprit de Lewis Carroll plutôt bien repris... Oui, ce jeu est une bombe. Un OJNI, comme je le prévoyais dans un article d'il y a longtemps.
American McGee nous raconte la suite de l'histoire d'Alice, une pré-adulte traumatisée par l'incendie qui a tué ses parents dans son enfance. Elle se croit coupable, et s'est créé un pays des merveilles afin de refouler ses doutes. Maintenant, ses démons intérieurs refont surface, et elle redevient prisonnière de son pays des merveilles déchiré. Voilà donc notre but du jeu : progresser dans ce pays cauchemardesque qui est en fait l'esprit malade d'Alice... et recoller les morceaux de ses souvenirs sur cet incendie. Encore une fois, c'est génial. On retrouvera donc les personnages phares du conte de Carroll, ainsi que des paysages plus fous et insensés les uns que les autres. C'est avec plaisir que je suis en train de terminer le chapitre 2, durant lequel on assiste au festin d'huître du morse et du charpentier (ça ne vous rappelle pas Dysney, ça ? ^^).
Il y a un point que j'aimerais développer : le côté insolite du jeu. Les armes d'Alice sont très originales (vous disposez d'une ombrelle pour vous protéger ou d'un moulin à poivre pour tirer sur vos ennemis), et elle dispose de plusieurs robes, à débloquer au fil de la progression. Encore une fois, je ne suis pas allé très loin dans le jeu, mais je sens que je vais devoir passer de nombreuses heures pour trouver toutes les dents, tous les groins, tous les souvenirs, toutes les bouteilles... Oui, j'ai bien dit dents et groins : les dents sont une sorte d'argent contre lesquelles vous pouvez améliorer vos armes. J'aime beaucoup la métaphore des dents, ainsi que de la fée des dents qui les échange avec vous : "quand tu seras plus grande, Alice, et que tu auras plus de dents, je te les arracherai en échange de ta force qui grandira avec le temps". En plus d'être glauque, la dent prend un caractère symbolique... Maintenant les groins : ce sont des nez de cochon géants que vous devrez poivrer pour qu'ils vous donnent des cadeaux ou des aides. On sent le délire des développeurs ^^
En conclusion, si vous aimez Alice au pays des merveilles, les jeux de mots à l'anglaise, les choses gothiques et glauques, les jeux d'action et de plate-forme, le sang et les trucs insolites : achetez ce jeu, vous y accrocherez autant que moi ^^ Un jeu beau à regarder malgré sa médiocrité technique, mais rattrapé par un gameplay convaincant et des décors sublimes, une Alice qui dérange et une ambiance malsaine enjolivée par des musiques McGeeiennes, ce Alice : retour au pays de la folie est une pure merveille. Si vous n'y jouez pas débrouillez-vous au moins pour ne pas rater quelques minutes de gameplay de quelqu'un qui est à fond dedans (comme moi ^^).
Les images ont été piquées sur le site jeuxvideo.com. Le jeu vient de sortir, et très peu d'images sont disponibles sur le net...