Ni no Kuni, La Vengeance de la Sorcière Céleste : voyage au pays des Ghibli
Jeu développé par Level 5, sorti en février 2013 sur Playstation 3.
N'avez-vous pas été bercé ou charmé dans les années 90-2000 par les chefs-d'oeuvre du fameux Studio Ghibli ? Moi si. Ce studio japonais de films d'animation est vénéré par le monde entier, il est à l'origine de nombreux contes pour enfants japonais tels que Le Tombeau des Lucioles, Le Chateau dans le Ciel, Mon voisin Totoro, Le Chateau Ambulant, Le voyage de Chihiro, Princesse Mononoké et j'en passe tellement... Connaissez-vous également les excellents Dragon Quest, des J-RPG (Japanese Role-Play-Game) du studio Level 5 ? Eh bien mixez la patte artistique du studio Ghibli avec le talent et le style de Level 5, et vous obtenez Ni no Kuni. Simple précision : je vais traiter ici de la version PS3.
Comme tous les enfants, Oliver est grandement attaché à sa maman.
Des graphismes à la hauteur de l'art de Miyasaki. Prenez n'importe quelle capture d'écran, et vous verrez toujours de délicieux paysages aux couleurs pastel et une constante impression de faire face à un dessin-animé interactif. Je me souviens de The Legend of Zelda : The Wind Waker sur Gamecube qui avait proposé en son époque des graphismes de cette sorte, que l'on nomme le cel-shading (typé cartoon en fait). Ici, cette technologie est appliquée sur les personnages et les décors, sans oublier de donner aux textures des décors fixes et des paysages un côté aquarelle fait à la main, c'est absolument fabuleux. Je n'oublierai pas de mentionner bien sûr les cinématiques agrémentant l'aventure, bien sûr dessinées, animées et doublées par le Studio Ghibli lui-même. Classieux. De plus, le design des menus renforce une ambiance enfantine et mimi, comme notre héros, Oliver. Il se peut qu'on ait là l'un des plus beaux jeux de l'année, vraiment.
Cette image se passe de commentaires.
Des musiques qui évoquent tous les grands thèmes des Ghibli. Je ne dis pas ça comme ça, c'est un fait : Joe Hisaishi lui-même s'est chargé de composer les musiques interprétées par l'Orchestre Philharmonique de Tokyo, permettant à Ni no Kuni d'évoquer immédiatement le studio japonais. C'est fou les frissons que provoquent la majestueuse musique accompagnant nos déplacements sur la carte du monde, où ce que nous font les morceaux liés aux combats, particulièrement épique, un peu comme dans l'excellent Shadow of the Colossus, ce jeu apporte trop d'émotions ! La musique, c'est magique.
Admirez la beauté des décors, bien que simples, ils sont pourtant ébahissants.
Une histoire bourrée de références aux différents univers bien connus de Miyasaki. Notre héros s'appelle Oliver. Un peu comme Oliver Twist. Entraîné par son ami dans une escapade nocturne, à bord d'une petit kart bricolé, Oliver perd le contrôle du véhicule et c'est le drame. Sa maman, qui était partie à sa recherche, voit son fils aux trois-quarts enfoncé dans l'eau de la rivière. Elle ne perd pas une minute et court pour sauver son fils de la noyade. Une fois sauf, Oliver reprend doucement ses esprits, tandis que sa maman use de ses dernières forces, sentant son coeur faiblir. La suite des évènements est plutôt noire : Oliver assiste au dernier souffle de sa mère, puis il demeure plusieurs jours durant prostré dans sa chambre, ne voulant plus voir son meilleur ami. Puis, alors qu'il se lamentait sur sa petite peluche, cette dernière prend soudainement vie et affirme qu'il a une chance de sauver sa mère s'il arrive à trouver un grimoire et une baguette magique (oui, là la patte Ghibli se fait sentir). Dans la suite des évènements, Oliver et Lumi (sa p'tite peluche animée) parviennent à ouvrir un portail menant à un fabuleux monde parallèle, dans lequel toute personne y habitant est le reflet de leur double du monde réel. Dans ce monde, la magie est répandue et connue, et Oliver croisera plusieurs amis fidèles qui l'aideront dans son périple contre la Sorcière Blanche (qui veut bien sûr détruire le monde, ça va de soi).
Oliver pourra compter sur l'aide de ses nouveaux amis pour progresser dans sa quête.
Ce jeu m'a beaucoup marqué par ses décors si variés et si beaux, c'est à couper le souffle. J'ai été touché par le design de l'île de la cité Imporiale (oui, "Imporiale", ou la cité des Porcs, ça me fait penser au Royaume des Chats), qui pour moi fait directement référence aux mines du film Le Chateau dans le Ciel. Comptez environ une cinquantaine d'heures de jeu si ce n'est plus pour espérer avoir fait le tour de Ni no Kuni, c'est un jeu extrêmement riche et passionnant, qui m'a longuement et ardemment occupé l'esprit. Plus de détails dans le paragraphe ci-dessous traitant du gameplay.
Les familiers qui vous aident au combat sont tellement mignons que c'en est presque indécent. Ce personnage ne vous rappelle-t-il pas celui de Ponyo sur la falaise ?
Un cocktail réussi de plusieurs types de jeux, qui nous sert un gameplay passionnant. J'y ai trouvé de tout : du Final Fantasy, du Dragon Quest, du Tales of (une série de J-RPG absolument excellents avec un scénario en béton), du Zelda : A Link to the Past, et même du Pokémon (oui, je ne dis pas n'importe quoi !). En effet, parcourir des cartes miniatures avec son personnage, combattre des ennemis dans un environnement plutôt vaste en ayant la possibilité de se déplacer, et aussi faire évoluer ses petits monstres pour les envoyer au combat, tout cela rappelle bien sûr des grands classiques bien connus. Cependant, je ne dis pas ça péjorativement, au contraire, cela enrichit le gameplay du jeu, qui devient très varié et intéressant. Le système d'évolution des créatures est assez complet et offre de nombreuses possibilités (vous devez nourrir vos petits protégés à l'aide de bouts de nourriture que vous avez glanés ou concocté, et chaque type d'aliment développe un certain type de caractéristique comme l'attaque ou la défense). De plus, Ni no Kuni dispose d'un système d'alchimie qui permet de créer avec des ingrédients de base n'importe quel consommable comme des potions (pour récupérer de la vie, vous pouvez manger du pain, pour récupérer des points de magie, vous pouvez boire du café) ou encore fabriquer de toutes pièces des armes et armures pour vos familiers. Votre guide du parfait petit magicien que vous avez trouvé au début de l'aventure vous sera accessible à n'importe quel moment du jeu via le menu : vous pouvez le feuilleter de A à Z !! Comptez plusieurs centaines de pages environ, dont la liste des sorts découverts et des recettes d'alchimie possibles. Super, non ? Personnellement je trouve tout cela très immersif et accrocheur.
Les combats sont sympathiques et passionnants, pas trop répétitifs, tout est bien équilibré.
Pour finir, je vous parlerai d'un aspect du jeu qui pour moi est vraiment poétique et original. Oliver disposera très tôt dans l'aventure d'une fiole pouvant contenir des éléments vraiment spéciaux : des fragments de coeurs brisés. En effet, la Sorcière Blanche est une vilaine reine sadique qui se délecte d'arracher certaines qualités du coeur de ses sujets, comme l'enthousiasme, le courage, la foi, l'amour... Ce qui donne des personnages "cassés", ne se comportant plus comme avant. Heureusement, Oliver est là pour réparer les coeurs brisés, et ainsi il va prélever un peu de bonté chez quelqu'un qui en a de trop par exemple, pour ensuite aller le redistribuer à un pauvre monsieur devenu cruel après le passage de la Sorcière Blanche. Je trouve ça tellement idéaliste, poétique, adorable... Il y a donc un bon lot de quêtes secondaires à effectuer, concernant pour la plupart des problèmes de coeur.
Les acolytes d'Oliver auront une place certaine dans l'histoire.
Et voilà, encore un titre incontournable à posséder sur PS3, d'autant plus qu'il s'agit d'une exclusivité que l'on a bien la chance d'avoir chez nous, en Europe, car l'exportation depuis le Japon n'était pas gagnée... Alors si vous avez l'occasion, retournez en enfance et profitez de ce que peut vous faire vivre Ni no Kuni : The Wrath of the White Witch.
Voici une jolie bande-annonce nous présentant quelques scènes de gameplay. Par contre elle est en VO, sans traduction, mais le jeu a plus de charme en lui laissant son doublage d'origine.