Bravely-Default-Packshot

     Le 6 décembre 2013 fut le jour où Bravely Default, développé par Silicon Studio, débarqua enfin en France, ENFIN disponible pour nos petites 3DS européennes. Un mois passa, puis ce fut la rupture de stock, ce qui conduisit une foule insoupconnée de fans de la première heure à crier à l'injustice, à crier que eux aussi, ils voulaient posséder ce merveilleux J-RPG, reprenant le style d'un Final Fantasy à l'ancienne, sans vraiment en être un. Puis, considérant l'océan de larmes versées par tous les potentiels acheteurs de centaines de nouveaux exemplaires du précieux titre, Square Enix a enfin cédé à la réouverture des usines, et là ce fut le bonheur absolu pour tous les fans qui furent submergés par un torrent de boîtiers de Bravely Default tout neufs (une publicité est même apparue à la télévision, c'est pour dire !).

 

 

 

bravelydefault

 

      Bien sûr, mooa, je n'ai pas eu droit au merveilleux privilège de pouvoir jouer à Bravely Default dès le mois de décembre, à mon grand désespoir. J'ai dû attendre la reprise de l'édition du jeu à la mi-janvier avant de pouvoir entamer ce qui aura été l'une des plus grandes aventures vidéo-ludique de toute mon existence. Ah tiens, on sonne.

 

[bruits de pas précipités vers la porte d'entrée]

 

Ptipichon : Salut Mae ! Viens donc t'asseoir ! On va enfin pouvoir parler de Bravely Default, je viens de le terminer hier soir.

 

Mae Thais Mélia : Salut Ptipichon ! Tu as du jus d'orange ?

 

[bruits d'installation sur fauteuils moelleux, et bruit de versage de jus d'orange dans un verre Mickey]

 

Mae Thais Mélia : Alors ça y est, tu l'as enfin fini ! T'en as mis du temps, patate !

 

Ptipichon : Oui, c'est vrai, ce jeu est long. Je ne m'attendais pas à une aventure aussi grande et aussi riche de par son scénario. Je ne saurai pas par quoi commencer si je devais convaincre quelqu'un d'y jouer, il y a tellement de choses à dire...

 

4f506424 Bravely-Default-Flying-Fairy-Screenshot-2

L'aventure débute dans un mignon havre de paix baptisé Caldisla. Dans la même idée que dans Rayman Origins (ou Legends), les décors fixes sont tous faits à la main. C'est vraiment agréable à regarder, surtout lorsque la caméra effectue un grand dézoom sur la zone en cas d'inactivité prolongée du joueur...

 

Mae Thais Mélia : Ce qui me vient en premier à l'esprit quand je pense au scénario de Bravely Default, c'est qu'il s'agit d'un univers très intéressant et légèrement semblable à un certain Tales of Symphonia, puisqu'il allie d'une manière vraiment subtile le dessin minutieux fait main des villes et autres lieux importants avec un traitement visuel naïf des personnages, pour évoquer quelque chose de beaucoup plus mature qu'il n'y paraît. En effet, violence, guerre, trahison, mort et maladie sont traités en long, en large et en travers dans cette aventure qui, je pense, nous fait réfléchir à notre condition humaine. Qu'est ce qui fait que nous allons défendre telle ou telle cause, pourquoi notre cause serait-elle bonne et celle que nous combattons mauvaise ? Sur quoi pouvons-nous nous baser hormis notre conviction, notre instinct, notre sens du mot « juste » ? Tant de questions que nous pose Bravely Default.

 

bravely default flying fairy.0 cinema 1280.0

La cinématique d'introduction (précalculée, donc absolument magnifique pour une console comme la 3DS) nous présente les situations initiales respectives de nos quatre héros. Il faut savoir que cette cinématique est précédée d'une séquence utilisant la technologie de réalité augmentée de la 3DS, mettant en scène Agnès, appelant à l'aide auprès du joueur, avant de l'entraîner dans le fabuleux monde de Bravely Default... Original !

 

Ptipichon : Oui, ces quatre héros que nous incarnons durant 80h de jeu sont profondément attachants et leurs psychologies respectives sont très bien développées, bien qu'un poil précousues, contrairement à l'histoire qui est surprenante (on retrouve d'ailleurs les fameux cristaux de la série Final Fantasy !). Tiz Arrior, le paysan qui a subitement perdu son cadre de vie, sa famille et ses amis quand un gouffre béant a avalé sa ville natale toute entière, n'est pas mon préféré, mais malgré le cliché du personnage masculin timide et secrètement amoureux de sa coéquipière, il demeure très attachant, bien qu'un peu plat et inutile quand même. Cette fameuse coéquipière, Agnès Oblige, est une vestale chargée de maintenir les cristaux éveillés, sources de la vie dans cet univers baptisé Luxendarc. Agnès est pudique, très coincée et indignée de la moindre allusion à quelque chose qui a un rapport avec le sexe, mais ça ne l'empêche pas d'apparaître à moitié nue dès la première cinématique de l'introduction ! Ringabel, le troisième héros, a perdu la mémoire et s'avère être un sacré dragueur, classique pour un J-RPG me direz-vous, mais il ne faut pas s'arrêter là, car Ringabel possède un mystérieux journal dans lequel est écrit certains évènements du futur... Je vais ensuite finir par ma préférée, Edea Lee, une jeune fille au caractère bien trempé, prête à tourner le dos à ses origines afin de défendre ses propres idéaux. Pour elle, tout doit être blanc ou bien tout noir, mais elle apprendra bien vite que la vie, c'est bien plus compliqué que ça...

 

5266518a1058c5

De gauche à droite, je vous présente Ringabel, Edea, Agnès et Tiz.

 

Mae Thais Mélia : J'adore le fait que les héros soient jeunes et naïfs justement, et qu'ils apprennent beaucoup de choses lors de leur périple. Ils ont une évolution intéressante tout au long de l'aventure, c'est ça qui fait l'une des plus grandes forces du scénario je pense.

 

Ptipichon : La progression de l'histoire se fait par chapitres, et ce n'est pas vraiment quelque chose que j'ai bien apprécié d'ailleurs, car certains noms de chapitres révèlent un peu trop d'informations sur les coups de théâtre qui ont lieu durant l'aventure, ça c'est dommage je trouve, car le dénouement aurait mérité plus de secret (sans en dire plus bien sûr !). Mais ça ne m'a pas empêché de savourer la qualité du titre en général, que ce soit dans ses graphismes ou ses musiques !

 

Mae Thais Mélia : Tout à fait ! Dire qu'une si petite machine peut accueillir un jeu si précieux. Les musiques orchestrales sont d'une qualité indéniable et nous font voyager car on retrouve des styles musicaux tous plus différents les uns des autres en fonction des endroits où l'on se trouve. Il m'est même arrivé de m'arrêter de jouer par moment, en laissant le jeu allumé afin de laisser tourner en boucle certains morceaux, tellement ils étaient beaux à entendre.

 

)

Ce morceau peut être entendu sur la carte du monde, lors des déplacements du joueur entre les divers niveaux du jeu. N'est-ce pas sublime ? Revo est vraiment un super compositeur, que je ne connaissais pas !

 

Ptipichon : Oui, les musiques accompagnent merveilleusement bien ce qui se passe à l'écran, et il faut reconnaître d'ailleurs que les graphismes à la J-RPG (le personnage pas mis à l'échelle du décor sur la carte, ce qui est classique dans le genre) passent très bien même aujourd'hui, où l'heure est au jeu d'action réaliste, où même les J-RPG se plient à cette mode : il n'y a qu'à observer le récent Lightning Returns - Final Fantasy XIII.

 

Mae Thais Mélia : D'ailleurs j'apprécie énormément le système de combat au tour par tour, comme à l'ancienne, sauf qu'ici on trouve une approche assez innovante : les systèmes de classes et de Brave and Default.

 

Ptipichon : Oh ne m'en parle pas, le développement de toutes ces classes m'a rendu accroc au jeu, sans parler du système Brave and Default qui a été un certain dépaysement pour moi !

 

Mae Thais Mélia : On retrouve donc un système de classes (ou aussi appelés jobs dans d'autres jeux) auquel nous ont habitué les RPG et JRPG, mais cette fois-ci on notera un petit plus dans la grande liberté d'action de gérer ces dernières, au fur et à mesure que l'on en obtient via des "astérisques", afin de pouvoir changer significativement les statistiques de chacun des membres du groupe à n'importe quel moment, en dehors des combats par contre. De plus, la possibilité de combiner une seconde classe (il est possible d'attribuer une seconde "technique" à son personnage, ce qui permet de rendre accessibles toutes les compétences liées à une autre classe que celle déjà assignée) amène à découvrir et expérimenter de nombreuses possibilités stratégiques ! Et encore, je crois que j'ai oublié les diverses compétences qui se débloquent à chaque niveau de classe (les Points de Classe se gagnent séparément des points d'Expérience), qu'il est possible d'assigner à son personnage, comme de l'équipement, afin de lui donner des avantages en combat.

 

Bravely Default Job system

Au nombre total de 24, les classes permettent d'aborder les combats d'une infinité de manière.. On retrouve bien évidemment des jobs classiques telles que Mage noir ou Mage blanc, mais également des classes plus originales telles que le Marchand, qui utilise l'argent possédé du groupe pour se battre et avantager ses alliés.

 

Ptipichon : Cela me fait penser au système de permis de Final Fantasy XII, sauf que dans ce dernier, chaque personnage n'avait accès qu'à un unique permis, qu'il était cependant possible de faire évoluer de manière relativement souple durant toute l'aventure. Je pense aussi à Final Fantasy XIII, qui nous proposait des combats extrêmement dynamiques, grâce à un système de stratégies, interchangeables en plein combat, dans lesquelles on pouvait assigner librement des classes telles qu'Attaquant ou Soigneur individuellement à chaque personnage. Tous les héros avaient accès à toutes les classes et il était possible de développer chacune comme bon nous semblait.

 

Mae Thais Mélia : Sauf que dans Bravely Default, le système du tour par tour est sérieusement revisité, grâce au système de Brave and Default !

 

Ptipichon : Mis à part les PVs, PMs et autres statistiques numériques classiques, on trouve désormais les PB : Points de Brave. Ces points déterminent l'avance ou le retard d'un personnage par rapport aux tours de combat. La compétence Brave permet d'accumuler des actions dans un même tour, ce qui consomme donc des PB, alors que Default permet de refuser d'agir et d'accumuler des PB tout en augmentant sa défense. Comme les ennemis peuvent aussi bien utiliser ces fonctions que le joueur, je trouve qu'il se passe vraiment quelque chose de novateur dans les combats de Bravely Default, qui sont en réalité beaucoup plus stratégiques que ceux d'un JRPG classique. Je pense que c'est pour cette raison que la presse décrit tant ce jeu comme un "néo JRPG old school" ou un JRPG "gentiment classique" comme le déclare JV le mag - Sortons le grand jeu.

 

screenshot 62147 thumb wide610

L'écran supérieur affiche la scène du combat, tandis que les compétences et les stats s'affichent sur l'écran tactile.

 

Mae Thais Mélia : C'est vrai, une sorte de JRPG old school réinventé. On retrouve d'ailleurs toujours les auberges, magasins d'armes et autres boutiques de magie, éléments récurrents à chaque ville à explorer dans le jeu. J'aimerais d'ailleurs faire une mention à l'ambiance de ces villes, qui sont toutes uniques et pleines de charme, comme de nombreux autres lieux du jeu, comme le jardin des fées, ou encore ma ville préférée, qui reste Ancheim, la cité des sables et du temps...

 

4f752cfc Bravely-Default-Screenshot-8

Voici la fameuse Ancheim, d'ailleurs accompagnée d'une musique très entraînante !

 

Ptipichon : C'est indéniable, mais j'ai tout de même été déçu de la qualité moyenne et monotone des donjons, qui, certes, se complexifient au fil de l'aventure (quelques pièges à éviter, ou interrupteurs à enclencher, mais rien d'exceptionnel, même dans le dernier donjon, qui d'ailleurs est ennuyant à mourir), mais restent vraiment l'un des rares points noirs de ce jeu. Je dirais la même chose pour les boss, même pour le boss final, qui viennent tous un peu comme des cheveux sur la soupe ; mis à part quelques combats intéressants et originaux comme celui qui nous oppose au gardien du cristal du feu, je m'amusais plus en combattant le bestiaire de base...

 

brave12

Voici l'écran de pause, par le biais duquel vous pourrez accéder à toutes les personnalisations de classe et d'équipement de compétences, entre autres, de nos quatre héros. Sur l'écran tactile, on peut voir un rappel de l'objectif en cours, ce qui permet de laisser le jeu en standby sans se retrouver perdu en rallumant le jeu quelques semaines après.

 

Mae Thais Mélia : Mais pour ce qui est du reste, c'est un jeu passionnant. Même quand je n'y jouais plus, je laissais la console en veille, afin de laisser le temps s'écouler, car cela permettait au village de Norende, le village natal de Tiz, de se reconstruire, ce qui débloque des attaques spéciales et objets à acheter.  Mais au début, je n'avais qu'un villageois, c'était long !

 

Ptipichon : Bien sûr, c'est parce que la connectivité est l'un des atouts de ce jeu, tu peux compter sur l'aide des personnes que tu croises en Streetpass, ou lorsque tu utilises la fonction "Actu. données" par le biais d'Internet, ce qui te donne accès jusqu'à quatre villageois supplémentaires par jour !

 

bravely default flying fairy 27

L'écran de la reconstruction du village natal de Tiz, Norende, permet avec le temps de débloquer toute une foule d'objets bonus, d'attaques spéciales à utiliser en combat  et de colosses, des ennemis très puissants échangés par Streetpass ou par Internet.

 

Mae Thais Mélia : Oui, mais on peut aussi s'aider directement dans les combats : l'Assistance permet d'invoquer une attaque importée directement d'une partie d'un autre joueur, ou inversement, d'envoyer une attaque à quelqu'un pour l'aider, avec la fonction "Envoi". Il est même possible de se parrainer entre joueurs de Bravely Default.

 

Ptipichon : Tu te rappelles, quand je venais d'avoir le jeu ? Eh bien j'utilisais cette fonction pour permettre à un de mes personnages d'avoir accès au niveau de classe de ta partie à toi. C'est vraiment une bonne chose, franchement, il est rare de voir un jeu exploiter aussi bien toutes les fonctions de son support, c'est un très bon jeu. Oulah, il est déjà 22h !

 

Mae Thais Mélia : Oh naaan, je dois y aller. Bon, bah je reviens te voir dès que possible, alors ! A bientôt, fais de beaux rêves de Bravely Default !

 

Ptipichon : =)

 

)

Ce trailer est en anglais, mais sachez qu'il est possible de configurer la langue du jeu en japonais, ce qui est loin d'être insignifiant car tous les dialogues du jeu sont doublés !

 

En résumé, Bravely Default est LE jeu du moment pour tous les grands amateurs de jeux de rôles à l'ancienne, avec une direction artistique qui laisse sans voix, des fonctionnalités d'échange atypiques pour le genre et une durée de vie qui mettra à péril toutes vos relations...

Retour à l'accueil